Utiliser l’IA pour son contenu sans perdre sa voix : la règle 20/60/20
Oui, j’utilise l’IA.
Non, elle ne décide de rien à ma place.
Beaucoup de dirigeants pensent qu’il suffit de demander un plan à ChatGPT ou à Claude, même avec un prompt très soigné, pour se passer d’un responsable marketing.
Le texte est écrit rapidement, bien rangé, plausible à la première lecture.
Puis on cherche ce qu’il dit vraiment, et là, ça se complique.
Ce qu’un texte généré par IA laisse entrevoir quand on le relit
Le plan tient debout.
La logique est là.
Mais dès qu’on essaie de comprendre le fond, il reste en surface, et on a du mal à imaginer un cas concret derrière les généralités. Dans quel contexte cette action s’est réellement passée, comment les gens ont réagi, les sensations ne sont que rarement palpables dans un texte écrit avec IA.
Il arrive aussi qu’un texte affirme une chose, puis son contraire quelques lignes plus bas, comme ça sans prévenir.
Et certaines tournures se repèrent de loin : le « ce n’est pas ceci, c’est cela », les énumérations dont chaque élément commence par le même mot, les séries de « ni… ni… ».
Bien sûr qu’on peut se servir de listes à puces sans avoir utilisé l’IA mais souvent les IA en abusent.
Ce que l’IA ne fait jamais chez moi
Comme je l’ai dit en intro, j’utilise l’IA, beaucoup. Des agents, des skills, des tâches récurrentes déléguées entièrement, et surtout des heures en moins dans mon agenda.
Mais il y a bien une chose que je ne lui ai pas délégué : elle ne me dit pas quoi faire.
Mes anecdotes, mes opinions et ma façon de travailler avec mes clients viennent de moi, jamais d’elle.
Quand un texte raconte une histoire, je l’ai vécue. je pourrais en aprler pendant 10 minutes en off après une masterclass, je pourrais l’expliquer, l’enrichir si on me pose des questions. je me souviens de chaque détail parce que je suis humaine.
L’IA fait tout un tas de chose à la perfection, mais pas encore « être humaine ».
La règle 20/60/20
Trois temps. L’IA ne travaille vraiment que dans celui du milieu.
20 % : ma matière
Je dicte mes idées au téléphone, cinq à dix minutes, avec mes exemples et mes histoires.
Je préfère parler qu’écrire. Quand je dicte, je ne m’occupe pas de la structure de mes phrases ni de l’orthographe, je laisse sortir les mots et les pensées comme ils viennent. L’IA capte mieux l’intention qu’il y a derrière. À l’écrit, on veut une phrase courte et bien construite, et l’attention glisse vers le bien écrire. On s’éloigne alors de la justesse de ce qu’on veut dire.
Mon IA a été nourrie de textes que j’ai écrits seule pendant des années : présentations clients, anciens articles. Elle y a repéré mon ton. Elle a aussi une liste noire de formules interdites : les tirets longs, les chiffres sans source vérifiable, les listes à répétition, les « c’est pas X, c’est Y ».
60 % : l’exécution
Je lui donne l’objectif : un format, un appel à l’action, ou aucun. Elle prend alors la partie la plus longue du travail : trouver les mots, structurer, me proposer plusieurs versions.
C’est là que je gagne du temps, et seulement là.
20 % : ma relecture
Je ne publie jamais un texte tel quel. Je retravaille ce que je n’aurais pas pu dire avec mes mots. Ce qui ne me ressemble pas ne sort pas.
Dernièrement, j’ai retiré une phrase trop littéraire, dans une prose trop éloquente. Je sais écrire comme ça. Sur les réseaux, ça sonnait faux. Les réseaux ont besoin de vraie vie et d’exemples plus que de généralités. Un exemple vécu a le détail qui montre qu’on y était.
Pourquoi cette répartition fonctionne
J’ai regardé où je n’apporte aucune valeur : chercher mes mots face à un écran. Et où j’en apporte toute : la réflexion, les décisions, les anecdotes qui donnent à un texte le son du vrai.
L’IA intervient là où je n’ai rien à ajouter.
Concrètement, je gagne environ 4 heures par semaine sur le contenu, et le temps de production de mes livrables clients est divisé par deux. [voir ma question plus bas]
La question que je me pose avant de publier
Est-ce qu’une personne aux opinions assez différentes des miennes aurait pu écrire ce texte ? Si oui, il n’est pas assez marqué, pas assez tranché. Je le reprends.
Ce qu’il faut retenir
L’IA fait gagner du temps sur la forme. Jamais sur le fond. Le jour où un texte pourrait avoir été écrit par n’importe qui, quelque chose s’est perdu en route.
Si vous voulez structurer votre propre méthode de création de contenu, on peut en parler. [lien vers /travailler-avec-moi]
Questions fréquentes
Peut-on utiliser ChatGPT ou Claude pour son contenu sans perdre son style ?
Oui, à condition que la matière vienne de vous : vos idées, vos exemples, vos histoires. L’IA s’occupe de la mise en forme, vous gardez le fond et la relecture.
Comment faire pour que l’IA écrive comme moi ?
En la nourrissant de textes que vous avez écrits vous-même (présentations, anciens articles) et en lui donnant une liste de formules interdites. Dictez vos idées à l’oral plutôt que de les rédiger : elle capte mieux votre intention.
Pourquoi un texte écrit par une IA sonne-t-il générique ?
Il suit une logique solide mais reste en surface : peu d’exemples concrets, parfois une idée et son contraire à quelques lignes d’écart, et des tournures récurrentes qu’on finit par reconnaître.






